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Broken statues est un disque hors du temps, à des kilomètres
des sentiers balisés. Il s'offre à nos oreilles
meurtries en guérisseur nostalgique. Une émotion
à l'état brute.
Perry Blake est un artiste inclassable, un poète fragile.
Son univers s'étire entre statues brisées, sombres
oiseaux, bossu étrange et l'interminable attente en point
de mire.
Sur les onze chansons de l'album, la voix de Perry Blake, tantôt
inquiétante, tantôt apaisante, susurre, pleure, dramatise,
rassure, s'envole pour mieux retomber. Le chanteur peut passer,
sans peine, des graves d'outre-tombe au registre aigu aérien,
provoquant un trouble insaisissable. Mais de l'album se dégage
aussi une sérénité, un appel aux espaces
bucoliques.
Enregistré en public en septembre 2000 à Bruxelles,
l'artiste y joue la carte du dépouillement. Accompagné
de l'Ensemble Musiques Nouvelles (huit cordes) et de son pianiste
et arrangeur attitré, Marco Sabiu, les arrangements sont
sobres et empreints de spleen.
Un album à méditer, l'intimité qu'installe
Perry Blake est troublante jusqu'au vertige.
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