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En 1988, une jeune chanteuse anglaise, à l'époque
choriste chez les Communards de Jimmy Somerville, sortait un premier
disque éponyme. Elle connut le succès avec les reprises
de Me and Mrs Jones et Sunny, mais aussi une splendide version
de She's leaving home de Lennon et Mc Cartney. Plus d'une dizaine
d'albums avec des réussites diverses suivirent dans une
indifférence étonnante.
Nous serons intransigeants, laminant la moindre critique énoncée,
car ce disque est tout simplement superbe.
Accompagnée du guitariste new-yorkais Marc Ribot, la chanteuse
nous offre un éventail de reprises passant avec un égal
bonheur des univers de John Lennon, Leonard Cohen ou Nick Cave
à Curtis Mayfield ou Marvin Gaye, sans compter les tubes
planétaires que sont Don't leave me this way, I can't stand
the rain et Try a little tenderness.
La texture grave et éraillée donne profondeur et
émotion à ses interprétations intimistes.
Le guitariste la sert avec brio se faisant à la fois discret
et terriblement inventif. Et puis il y a cette photo, où
l'on voit une fleur de magnolia dans les cheveux de Sarah Jane
Morris qui rappelle sans équivoque Billie Holiday, dont
elle reprend le Don't explain, frisson garanti.
A la croisée des chemins, entre jazz, soul et pop, cet
album est comme une parenthèse, intemporel et terriblement
évocateur. Bravo et merci.
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plus sur Sarah Jones Morris.
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