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Lhasa, depuis 5 ans et son magnifique La Llorona qui avait enflammé
le public, la critique et les professionnels n'était plus
réapparue dans nos discothèques que pour de parcimonieuses
collaborations vocales (Arthur H entre autre).
Elle s'était déplacée vers un voyage au
pays du cirque et au pays du rêve, de l'amour d'un garçon
qui finit en fuite. Ayant pansé ses plaies, elle revient
avec The Living Road pour nous livrer un merveilleux album qu'il
faut absolument écouter, avoir et même offrir.
Ce disque puise sa force par l'entité même de la
chanteuse : cette fameuse jeune femme de 30 ans, trait d'union
entre l'Amérique, le Mexique et l'Europe. Car c'est dans
ses voyages et dans cette peine de cur personnelle, qu'elle
cherche l'inspiration.
Sa vision déformée du monde et du temps rejailli
par petites touches, des instantanés de désirs pris
un peu partout de part ses routes de campagnes touchent l'auditeur
comme jamais.
L'album qui marie l'anglais, le français et l'espagnol
est beaucoup plus ouvert que le précédent. Tout
en gardant la même soif de liberté, Lhassa s'entoure
de thèmes acoustiques pour La marée haute, de clefs
qui cliquettent dans Anywhere on this road, d'un piano qui annonce
J'arrive à la ville.
Qui dit piano dit bastringues, et les troquets de cette émigrée
canadienne (comme Adamo on ne sait d'où elle vient et où
elle part) sont dignes de Tom Waits. Une trompette mexicaine sur
Abro la ventana et pleins d'instruments de toutes obédiences
qui s'entrechoquent pour parler du malaise de Lhassa font le reste.
Elle conte les amants qui s'enflamment, se déchirent,
renaissent de leurs cendres. Elle confesse ses peines et ses joies
et marie ses envies avec des musiciens toujours au top pour lui
offrir un écrin de toute beauté.
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