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Buck 65, un nom bizarre pour une musique qui l'est tout autant.
Originaire des Etats-Unis, Buck se lance dans le hip hop à
l'heure du heavy métal roi. Le style est encore naissant,
uniquement pratiqué par la communauté noire. Pas
facile de faire alors son trou pour ce jeune blanc bec fan de
base-ball. Sa musique intéresse quand même des labels
locaux. Mais son intérêt pour la musique est moindre.
Après quelques démos et disques relativement confidentiels,
Buck affirme son style. Du hip hop, il ne reste que les rythmiques
programmées et les scratchs. Mais on est bien loin du gangsta'
rap qui envahit les ondes et qui est propulsé par MTV.
La sauce prend. Buck trouve son public, finalement très
ouvert. Il faut dire que le terme hip hop colle assez mal à
sa musique. Son phrasé nonchalant donne plus d'importance
aux mots. Les parties musicales rappellent de temps à autre
une musique de vieux western. Il n'hésite pas d'ailleurs
à citer comme influences Tom Waits et Dolly Parton. Etrange,
n'est ce pas ?
Puis non en fait. La démarche peut déstabiliser,
mais on se prend facilement au jeu. Expérimental ? Peut
être. Original ? C'est sûr. Jamais on n'a entendu
une musique ayant une base aussi solide osant s'aventurer vers
des contrées explorées par des personnes totalement
différentes. Le jazz, le blues et le folk forment les quelques
composants d'une mixture parfaitement homogène. Comme si
un ermite partait faire un tour du monde.
En fin de compte, Buck 65 est à découvrir absolument,
sans à priori. Ce sont d'ailleurs peut être ceux
qui ont le moins de culture musicale qui pourront le mieux l'apprécier,
car toute tentative de comparaison avec une musique existante
ou ayant existée serait purement fortuite.
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