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Deux ans après le très bon et surprenant Largo
et une belle participation à la bande originale du film
d'Yvan Attal Ma
femme est une actrice, Brad Mehldau signe avec Anything goes
son grand retour discographique.
Enregistrée en quelques heures en septembre 2002 cette
session révèle un musicien génial dans un
contexte qu'il apprécie beaucoup, à savoir l'improvisation.
Entouré de ses fidèles et dévoués
accompagnateurs que sont Larry Grenadier à la contrebasse
et Jorge Rossy à la batterie, le pianiste virtuose américain
revient donc ici à la formule qui a fait sa gloire : le
trio. Ont également été associés à
ce nouveau projet : Matt Pierson pour la production et James Farber
pour l'enregistrement.
Ensembles ils revisitent une dizaine de standards issus de la
musique populaire américaine (Nearness of you, I've grown
accustomed to your face, ...), du jazz (Anything goes, Skippy
...) ou du rock (Still crazy after all these years, Everything
in it's right place ...).
On appréciera les relectures des thèmes signés
Henry Mancini, Cole Porter (d'où est tiré le titre
de l'album), Thelonious Monk, Hoagy Carmichael ... mais aussi
Osvaldo Forres, Charlie Chaplin, Paul Simon et Radiohead dont
Brad Mehldau ne cache pas son indéfectible (et justifiée)
admiration.
Les cinq épisodes précédents en trio (The
Art of the Trio I, II, III, IV,et V)
furent des enchantements. Bien qu'aussi réussi qu'il puisse
l'être Anything goes n'est pourtant pas du même calibre.
Un enjeu différent, le choix du répertoire et les
conditions d'enregistrement amènent le trio à s'accaparer
les thèmes avec pudeur et sensibilité mais d'une
façon peut-être plus intimiste qu'à l'accoutumé.
Une sorte de discrétion rend alors la musique méditative
et douce ...
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