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C'est très
difficile de mélanger le jazz et la musique ethnique. Je
pense d'ailleurs qu'il y a pas mal de projets qui ne sont pas
réussis. La musique traditionnelle est modale, il n'y a
pas beaucoup d'accords. Il y a des parties rythmiques qui se ressemblent,
mais finalement la musique traditionnelle est fragile et très
forte en même temps.
Vous
avez vous-même participé à un projet sur la
musique sarde ?
J'étais
le directeur artistique du projet "Sono's e memoria"
(le son de la mémoire). Chaque musicien a apporté
sa musique et je les ai rapprochées comme un couturier
le ferait pour un patchwork. L'idée était d'avoir
comme résultat ce qu'est la musique en Sardaigne aujourd'hui.
Une musique vivante, très riche, qui a une histoire très
forte. Mais le rapport entre jazz et musique traditionnelle est
toujours un peu conflictuel, le risque est que celui qui gagne
soit le musicien de jazz.
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D'autant
plus qu'il existe des dérives commerciales.
Absolument,
le mot "world music" est tellement abusif, ça
veut plus dire grand chose ! C'est comme le mot jazz. Et
si la musique du monde est à la mode, ce ne sont
pas forcément les musiciens qui décident,
plutôt les producteurs, les directeurs artistiques
de festivals. C'est vrai que la "world music",
c'est un peu du business, parfois un peu réussie,
mais aussi, mille fois mal faite.
Sur
scène, vous utilisez quelques effets électroniques
?
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J'utilise
les machines depuis près de vingt ans. En fait, je les
ai achetées pour la qualité du son sur scène,
ensuite j'ai découvert qu'il y avait plusieurs effets qui
me donnaientt la possibilité de jouer des accords. J'ai
trouvé cela magique et j'ai commencé à travailler
avec. Mais je reste prudent avec les effets parce que c'est facile
d'utilisation mais c'est plus délicat de les utiliser comme
quelque chose qui appartient à la langue de la musique.
Je n'utilise pas les effets pour avoir un son de guitare ou de
percussion; la trompette est un instrument tellement extraordinaire.
Les effets doivent rester des compléments qui enrichissent
l'instrument mais il faut toujours qu'il reste son acoustique.
Quand je joue avec des effets, j'ai l'impression de retourner
vers une musique archaïque, vers des racines, plutôt
que vers la technologie. Je n'utilise pas de séquenceur,
pas de Midi, pas de sons électroniques, simplement un filtre
qui me donne une magie supplémentaire.
Le
groupe Palatino existe-t-il toujours ?
Pour
être franc, j'ai décidé de sortir un peu du
groupe. Le groupe existe depuis sept ans, nous avons fait trois
disques, mais j'ai énormément de projets personnels.
Je ne sais pas si Palatino va continuer sans moi, mais ça
ne change rien dans mes rapports avec Michel (Bénita),
Aldo (Romano) et Glenn (Ferris). D'ailleurs, nous avons encore
quelques concerts à faire.
Il
y avait une belle alliance entre votre son de trompette et celui
du trombone de Glenn Ferris.
Suite
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