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Ouais. J'en
fais depuis tout petit. Les gens ont des idées à la
con. Ils pensent que je me bourre d'absinthe, que je ressemble à
Francis Lalanne, mais pas du tout. J'ai toujours aimé ça,
c'est mon hobby. Un truc où je suis assez doué. Quand
j'avais neuf ans, je voyais une fille qui était jolie et
je faisais trois pages de poésie pour elle. C'est après
que cela se compliquait, je lui offrais et j'avais des expériences
super humiliantes ensuite (rire). J'ai arrêté de le
faire, les filles c'est bête des fois.
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Tu
as eu ta vengeance en devenant chanteur.
Oui. Je les vois des fois, maintenant qu'elles sont grandes,
qu'elles font cent kilos, qu'elles ont quatre chiarres incontrôlables,
qu'elles sont mariées avec un pharmacien alcoolique.
Je vais acheter mes Dolipranes dans la boutique et je fais
semblant de ne pas les reconnaître. J'espère
qu'elles souffrent ! Je me dis : " Tu te souviens quand
j'avais neuf ans et que tu t'es foutu de moi parce que je
t'avais écrit un poème ". Et elle de son
côté doit se dire qu'elle est bien bête
et qu'elle aurait été bien plus tranquille avec
un chanteur qu'avec l'alcoolo. Trop tard ! bien fait ! (rire)
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L'album
que tu devais enregistrer aux États-Unis au moment des évènements
du 11 septembre semble te poursuivre ?
Je ne suis pas prêt de retourner aux Etats-Unis, je suis une
sorte de traumatisé du 11 septembre. Je n'ai toujours pas
digéré ce truc.
Tu
fais appel souvent à des artistes étrangers non pas
pour déclamer dans les journaux " Vous avez vu qui je
suis capable de ramener sur mon disque " mais pour leur laisser
une place avec leur propre caractéristique ?
C'est normal. Je leur fais entièrement confiance.
Tu
n'hésites pas à faire intervenir des chanteuses pour
donner un son distordant à ta propre sonorité vocale
?
Sur Lilith, il y a Armelle, du groupe Holden, qui chante deux titres
avec moi et Camille, cette jeune fille est très douée.
J'ai toujours cru en elle. Je lui ai demandé si elle voulait
s'occuper des churs en lui donnant carte blanche. Elle s'est
débrouillée comme un chef en sachant exactement ce
que je voulais. Elle est vraiment bonne cette gonzesse. Chez Source
ils travaillent n'importe comment sur son disque, c'est un véritable
scandale. Elle mérite vraiment qu'on s'attarde sur son travail.
Ta
voix devient au fil des ans un instrument que tu sembles maîtriser
à la perfection, à l'instar de chanteurs de rhythm
and blues ?
A force de chanter je commence à savoir chanter. Mais ça
fait plaisir ce que tu dis. J'écoute cette musique toute
la journée. Cela doit déteindre un peu quand même.
C'est une volonté de ma part d'être très libre
avec le chant.
Tes
prestations scéniques sont à milles lieux de tes albums,
pendant que certains chantent la track list de leur nouvel album
note pour note, toi tu ne fais aucune concession et pars dans des
délires renouvelés chaque soir.
Pour la prochaine tournée je vais essayer au contraire de
revenir à quelque chose de plus proche du disque. Ca devenait
systématique de faire sur scène des choses différentes.
C'était mon tic, une habitude et c'est bien de casser les
habitudes. J'aime les machines, j'aime les instruments classiques,
je ne vois pas pourquoi je resterais collé à une base
lourde à gérer.
Nu
dans la crevasse, chanson phare de Mustango, semble t'avoir libéré
d'un poids pour la suite de tes productions musicales ?
Suite
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