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Photos : Claude Gassian

 

 

 


 


 

Un mercredi du mois de mars (17/03/2003). Il est midi. Nous avons rendez-vous dans un café près de Beaubourg. Le ciel est bleu, l'air un peu frais. Laurent de Wilde est là, souriant et décontracté. L'ambiance est propice pour une rencontre intéressante. Les cafés sont commandés. Le magnéto démarre...

Laurent, tu sors un nouvel album Stories, 3 ans après Time 4 Change, où tu vas encore plus loin dans la fusion entre jazz et électro. Ta démarche est très audacieuse, ce qui prouve que le jazz est vivant et que tu es un musicien vivant.
Ah ! Merci de le dire, ça fait plaisir à entendre !

Quel a été le point de départ du disque Stories, était-ce la continuité du précédent ?
Oui, c'est une continuité. La façon dont j'avance c'est en détestant mes erreurs précédentes et il n'y a pas d'autres points de départ que la volonté d'essayer de faire mieux que le précédent, de mieux digérer le rapport entre les machines et les instruments acoustiques, comment mixer ça, comment concevoir les morceaux, comment enregistrer les pistes. Ce ne sont pas des choses qui, pour moi, se comprennent en deux minutes.

Le dernier morceau de Time 4 Change était assez nostalgique, comme une espèce d'introspection après un feu d'artifice de rythmes et de sonorités, Stories reprend là où l'autre s'était arrêté.
C'est exactement comme cela que je le voulais, c'est-à-dire prolonger cet espèce d'arrêt sur image.

Comment s'est opérée cette rupture entre un jazz qui était plus classique et ta musique actuelle ?
Sans doute le sentiment croissant qu'il se passait pleins de choses à coté de moi. Je pensais ne pas pouvoir amener quelque chose de nouveau, de différent, dans la musique acoustique. Et ça a commencé à me chatouiller.

Comment se passe la cohabitation entre le piano et les machines électroniques, lorsque tu composes ?
Ce sont des instruments qu'il faut apprendre à utiliser. En musique électronique chacun fait sa petite cuisine avec ses samples, son matériel, son routing. Je me souviens que lorsque j'avais 20 ans, j'allais demander aux musiciens : " et là la substitution que tu as jouée c'est quoi, l'accord, t'as mis un bémol 9 ? ", et maintenant c'est : " ton echoplex elle est en midi avec la MPC, etc. ... ".

C'est pas un peu frustrant pour un musicien qui a l'habitude de manier son clavier ?

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