 |
Ah
peut-être va savoir... Je te le dirai dans quelques
années, mais c'est pas exclu que je bouge ailleurs
!
Tu
as partagé ta vie entre la France et les Etats-Unis
depuis ta naissance à Washington. Qu'est-ce que
cette double-vie musicale t'apporte ?
L'expérience concrète des deux mondes, certainement...
le vieux continent et le nouveau continent... C'est marrant,
quand il a dit ça Rumsfeld, moi ça m'a rappelé
le poème : " Je regrette l'Europe aux anciens
parapets ", je trouvais ça très bien
la vieille Europe. Lui quand il disait ça, c'était
bourré de mépris, si c'est vieux c'est que
c'est plus bon quoi.
Ta
musique est très urbaine ; la campagne t'ennuie
?
|
Ah ! S'il
y a bien deux mondes que je ne désire pas réconcilier,
c'est la ville et la campagne ! Je laisse la campagne à
José Bové...
Est-ce
que le jazz français et européen a encore aujourd'hui
une spécificité ?
Le JFE ? ...déjà on a du mal à savoir ce
que c'est que le jazz européen (rires...), c'est plutôt
ce qui est sous la houlette de ECM, par exemple ...
...
est-ce que toutes les cloisons ont éclatées ?
Je pense qu'en France l'électronique est identifiée
comme français. Je ne pense pas d'ailleurs être
particulièrement dans cette veine là, qui est
représentée par Laurent Garnier par exemple -
et qui doit réaliser 2 remix sur 2 titres de l'album
-, Etienne de Crécy, des gens comme ça. Ca c'est
le french sound, et je n'ai pas l'impression d'évoluer
là-dedans, et même St Germain, de part sa référence
jazz mais je n'ai pas ce son là, il n'y a pas beaucoup
de drum'n'bass. Ce qu'il se passe à Londres, ça
m'intéresse autant que ce qu'il se passe à Paris.
Peut-on
encore être autodidacte de nos jours ?
Dans l'électronique absolument. C'est-à-dire qu'il
y a quelques bases simples d'électroacoustique à
comprendre, orange bon, rouge pas bon, et plus tu es près
de l'orange plus c'est bon (rires...), et après ça,
tu as les manuels, les coups de fils aux hotline et les discussions
entre copains.
Existe-t-il
des structures en France pour apprendre le jazz électro
?
Ah ça, je n'en ai pas la moindre idée. Je vais
faire prochainement à Clermont-Ferrand je crois, une
master-class, je suis sollicité quelques fois, je reçois
des remix de temps en temps. Je me suis mis à travailler
sur des choses complètement différentes ; un type
est venu me voir une fois après un concert avec son remix,
je trouvais ça bien, il habitait à Paris, on a
repris contact, et on s'est mis à bosser ensemble.
Le
talent n'est-il pas un frein au travail ?
Ah ! je suis sur la réflexion inverse : est-ce que le
travail n'est pas un frein au talent ? Parce que le temps devant
l'ordinateur c'est beaucoup, beaucoup de travail. J'ai mis un
an pour faire cet album. J'ai accumulé des pistes vingt
fois, cinquante fois par rapport à ce qui se retrouve
sur l'album.
L'informatique
peut étouffer le travail de création ?
Ah oui ! Je suis à la recherche de moyens plus ergonomiques
qui me permettraient de gagner du temps, et surtout de gagner
en spontanéité, d'aller vite vers l'objet que
je cherche.
Qui
sont les musiciens qui t'accompagnent ?
Il y a Stéphane Huchart, Julien Charlet et Laurent Robin
à la batterie, Gaël Horellou au saxophone, Rémi
Vignolo et Jules Bikoko à la contrebasse, Flavio Boltro
à la trompette, Julien Chirol au trombone, Malia au chant.
Et un très bon flûtiste : Orlando Maraca Valle,
qui doit jouer à peu près une minute sur l'album,
mais j'aime beaucoup cette minute.
Que
t'apporte le Fender Rhodes par rapport au piano acoustique ?
Suite